Accident SNCF, la signalisation mise en doute
Le Télégramme de Brest publie un certain nombre d’articles (Témoignages de cheminots, l’accident) mettant en cause la signalisation ferroviaire dans un accident de passage à niveau.
La signalisation ferroviaire a en charge la sécurité des trains. Elle est fondée sur un principe fondamental appelé sécurité intrinsèque. Suivant ce principe, tout dysfonctionnement à un endroit de la chaine de signalisation ne peut pas mettre le système dans un état moins sûr que sans panne ; autrement dit, toute panne entraine un état de la signalisation plus sécuritaire que sans. Des exemples faciles sont le passage à niveau, qui se ferme mécaniquement si sa commande tombe en panne, et le signal ( les feux rouges des trains ) qui deviennent non-franchissables ( règle d’exploitation ) lorsqu’ils sont éteints.
Pour savoir où sont les trains, la voie est découpée en canton, et l’on détecte l’occupation d’un canton. Un train qui roule va donc occuper puis libérer successivement les cantons qu’il parcourt. En raccourci, un train n’a pas le droit de rentrer dans un canton occupé, et dans notre cas, les passages à niveau d’un canton occupé se ferment ( puisqu’il y a manifestement un train à proximité du passage ). Il y a deux types d’équipement de voie en charge de vérifier l’occupation d’un canton : les circuits de voie et les compteurs d’essieux. Ces systèmes sont évidemment en sécurité intrinsèque, c’est à dire que si un équipement tombe en panne ou bien se trompe, le canton sera vu occupé même en l’absence de train ( entrainant l’interdiction de rentrer sur le canton, et la fermeture des passages à niveau ).
L’accident du TER en novembre 2006 viendrait de la non détection d’un train, d’après les témoignages relevés par le Télégramme. Cette non-détection a empêché la fermeture du passage à niveau, puis l’accident. Autrement dit, dans certaines conditions, (poussière accumulées depuis longtemps, type particulier de motrice/locomotive, etc), la sécurité intrinsèque du circuit de voie est mis en cause, ce qui a manifestement des effets dramatiques. La mise en défaut de l’équipement serait apparue sur la faiblesse connue du circuit de voie ( non-shuntage, ie. un coupe circuit entre les essieux et la voie ).
Si c’est avéré, c’est grave. Les accidents ferroviaires imputables à un système de signalisation sont extrêmement rares ; les contraintes de conception, de fabrication, d’installation et d’exploitation de ces systèmes sont très importants afin de garantir la sécurité. La SNCF est aujourd’hui mise en examen suite à cet accident.






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